Repenser la sécurité des patients
Nous avons toutes et tous un rôle à jouer dans la sécurité des patients. Les ressources d’Excellence en santé Canada (ESC) contribuent à favoriser des soins sûrs et inclusifs, au-delà de la prévention des préjudices.
- Sujets
- Sécurité culturelle
- Vieillir chez soi
- Engagement des patients
- Public
Organisme communautaire
Leader en santé
Prestataire de soins au lieu d’intervention
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La définition de la sécurité va bien au-delà de l’absence de préjudice
Le renforcement de la sécurité des patients, essentiel à l’excellence des services de santé, est une priorité reconnue au Canada depuis plus de 20 ans. Par le passé, les efforts déployés dans le domaine de la sécurité des patients consistaient essentiellement à recueillir des données sur les préjudices physiques et à y répondre. Pourtant, la définition de la sécurité va bien au-delà de l’absence de préjudice. Et comme le montrent des données récentes, nous avons encore du chemin à parcourir avant d’atteindre notre but.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 10 % des patientes et patients subissent un préjudice et plus de 3 millions de personnes meurent à la suite de soins chaque année dans le monde. Au pays, l’étude intitulée The Canadian Adverse Events study publiée en 2004 a révélé un taux global de 7,5 % de préjudices subis par les patientes et patients en milieu hospitalier, dont 37 % d’événements indésirables jugés évitables. Des données plus récentes venant de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) indiquent qu’un séjour hospitalier sur 17 au Canada a donné lieu à au moins un événement préjudiciable en 2022-2023. Ces chiffres montrent à quel point il est urgent d’améliorer la sécurité des patients, puisque les taux des dernières années sont plus élevés que ceux d’avant la pandémie. Les données disponibles portent en grande partie sur les préjudices physiques, à l’exclusion des autres formes, soit les préjudices psychologiques, sociaux et spirituels.
ESC joue un rôle important en orientant la définition et l’interprétation de la sécurité des patients. Les travaux décrits ici, réalisés à l’origine par l’Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP), et aujourd’hui par ESC, soutiennent l’adoption d’une nouvelle vision qui dépasse l’absence de préjudice et appelle à une approche holistique pour favoriser la prestation de soins sûrs et inclusifs. Au cœur de cette démarche se trouvent notamment l’application du principal cadre de mesure et de surveillance de la sécurité et l’examen des leçons qu’on peut en tirer au pays.
Un cadre pour enrichir la définition de la sécurité
La publication du Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité (CMSS) a catalysé un changement majeur dans les façons de définir et de pratiquer la sécurité et a orienté et influencé l’approche d’ESC. Créé en 2013 par le professeur Charles Vincent et ses collègues de la Health Foundation, le CMSS a proposé de passer de l’absence de préjudice à une vision élargie dans le domaine. Cette nouvelle vision examine les sources de résilience et les capacités qui favorisent la sécurité des soins, et appuie une approche d’amélioration de la sécurité moins réactive.
Passer d’une nouvelle vision de la sécurité des patients à l’action
Nos actions en faveur de la sécurité des soins sont tout aussi importantes que la vision que nous en avons. Pour cette raison, ESC a mis au point les ressources suivantes, qui vous aideront à repenser la sécurité des patients et à agir pour l’améliorer dans les milieux de soins.
Guide de discussion Repenser la sécurité des patients
À l’occasion de la Semaine nationale de la sécurité des patients 2023, ESC a publié Repenser la sécurité des patients : guide de discussion à l’intention des patients, des prestataires de soins et des leaders pour encourager l’ensemble des parties prenantes du continuum de soins à favoriser la sécurité des soins. Le guide explique notre approche de la sécurité des patients, une approche qui encourage un état d’esprit curieux et dépasse la vision de la sécurité se résumant à l’absence de préjudice. Cette ressource a aussi pour ambition d’amorcer des discussions sur la sécurité des patients et ce qu’elle évoque.
Vos soins sont-ils sécuritaires?
Le rapport Vos soins sont-ils sécuritaires? Mesure et surveillance de la sécurité du point de vue des patients et de leurs partenaires de soins regorge d’observations utiles sur la perspective de cette population. Il donne des conseils sur l’engagement concret des patientes et patients et des partenaires de soins dans tout ce qui touche à la mesure et à la surveillance de la sécurité. S’ajoutent à cela des recommandations pour renforcer les partenariats patients-prestataires qui favorisent des soins plus sûrs.
La sécurité des patients au fil du temps
Un grand travail a été accompli pour faire évoluer notre compréhension de la sécurité des patients, de ce qu’elle évoque aux diverses parties prenantes et des moyens de la cultiver. Pourtant, malgré les énormes progrès réalisés, d’autres efforts sont nécessaires pour approfondir cette compréhension et prévenir les préjudices. En tant qu’utilisateurs précoces et leaders du CMSS au Canada, ESC et ses partenaires ont un rôle à jouer pour en arriver à une réelle transformation vers la présence de la sécurité. Un rôle auquel nous espérons vous voir participer.
1999 : L’Institute of Medicine publie le rapport To Err Is Human: Building a Safer Health System [L’erreur est humaine : construire un système de santé plus sécuritaire].Ce rapport examine des cas de décès de patientes et patients dus à des erreurs médicales et conclut que le problème n’est pas nécessairement attribuable au personnel, mais plutôt au système dans lequel il travaille.
2001 : L’Institute of Medicine des États-Unis publie le rapport Closing the Quality Chasm: A New Health System for the 21stCentury [Combler le gouffre en matière de qualité : un nouveau système de santé pour le 21esiècle]. Ce rapport présente les six objectifs d’amélioration (sécurité, rapidité, efficacité, efficience, équité, soins axés sur le patient).
2004 : L’étude Canadian Adverse Events Study: the incidence of adverse events among hospital patients in Canada [Étude sur les événements indésirables au Canada : l’incidence des événements indésirables chez les patients hospitalisés au Canada], réalisée par Baker, Norton et coll., est la première étude canadienne à fournir une estimation nationale de l’incidence des événements indésirables. Elle révèle que, pour chaque tranche de 100 admissions, un événement indésirable s’est produit dans 7,5 % des cas, et que 36,9 % de ces événements indésirables auraient pu être évités.
2013 : La publication du Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité (CMSS) catalyse un changement majeur dans les façons de définir et de pratiquer la sécurité. Créé par Charles Vincent et ses collègues de la Health Foundation, le CMSS présente une approche pour passer de l’absence de préjudice à une vision élargie dans le domaine.
2015 : Beyond the quick fix: Strategies for Improving Patient Safety [Au-delà de la solution miracle : des stratégies pour améliorer la sécurité des patients], publié par l’Institut des politiques, de la gestion et de l’évaluation de la santé de l’Université de Toronto, conclut que, malgré une compréhension croissante des menaces pour la sécurité ainsi que les efforts déployés pour déterminer les pratiques de sécurité, d’autres efforts devront être entrepris pour élargir les mesures d’amélioration des soins et des environnements de soins et établir des liens entre elles.
2016 : L’Institut canadien pour l’information sur la santé (ICIS) publie l’indicateur des préjudices à l’hôpital. Cet indicateur mesure le taux d’hospitalisations en soins de courte durée ayant donné lieu à au moins un préjudice involontaire qui aurait peut-être pu être évité.
2017 : L’Institut canadien pour la sécurité des patients (ICSP), aujourd’hui ESC, commence à travailler avec des équipes de soins de santé de partout au pays pour promouvoir la connaissance et l’utilisation du CMSS au Canada.
2023 : ESC et Patients pour la sécurité des patients du Canada publient le document Repenser la sécurité des patients : guide de discussion à l’intention des patients, des prestataires de soins et des leaders, qui résume les apprentissages et les idées sur une nouvelle façon d’aborder la sécurité des patients.
Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité
La publication du Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité (CMSS) en 2013 a catalysé un changement majeur dans la définition et la pratique de la sécurité et a orienté et influencé l’approche d’ESC. Créé par le professeur Charles Vincent et ses collègues de la Health Foundation, le CMSS a proposé de passer d’une approche axée sur l’absence de préjudice à une vision élargie de la sécurité. Celle-ci passe par un examen des sources de résilience et des capacités qui favorisent la sécurité des soins, et appuie une approche d’amélioration de la sécurité moins réactive.
Le CMSS améliore notre compréhension de la sécurité de nombreuses façons, notamment en :
créant une vision plus holistique de la sécurité;
réduisant l’attention portée aux préjudices passés;
uniformisant notre compréhension de la sécurité;
changeant notre vision de la sécurité;
passant de la gestion du risque à la gestion de la sécurité;
adoptant une « pratique du questionnement » au lieu de l’assurance et de la responsabilisation;
incitant tout le monde à contribuer activement à la sécurité;
favorisant une culture de responsabilité collective à l’égard de la sécurité;
amenant à comprendre que la sécurité du personnel et la sécurité des patients vont de pair;
valorisant l’intelligence émotionnelle ou les compétences « douces » (par exemple les capacités d’écoute, d’observation et de perception);
reconnaissant la contribution des patientes et patients et des prestataires de soins à la création de la sécurité.
Fonctionnement
Le CMSS comporte cinq dimensions dont peuvent se servir les dirigeantes et dirigeants des services de santé, les prestataires, les patientes et patients et les proches pour comprendre et améliorer la sécurité des patients. Le cadre permet d’évaluer et d’analyser la sécurité « du chevet de la personne jusqu’au conseil d’administration » en dressant un portrait complet et juste en temps réel. Il aide les utilisatrices et utilisateurs à passer de l’« assurance » à la prise de renseignements, en réorientant l’attention portée aux cas de préjudices passés vers la performance actuelle, les risques potentiels et la résilience organisationnelle.
« Nous avons commencé dans le monde de la sécurité en nous inquiétant vraiment des préjudices passés, et je crois que c’était vraiment important parce que ça a permis aux gens de mieux comprendre l’ampleur des enjeux liés à la sécurité. Mais c’est insuffisant, parce que les gens ne vont pas au travail en pensant aux incidents passés; ils vont au travail en pensant aux patientes et patients qu’ils vont voir au cours de la journée. C’est pourquoi, dans le cadre de cette évolution, nous plaçons la sécurité dans un contexte beaucoup plus pertinent pour les membres du personnel qui effectuent leur travail quotidien dans leur unité. Je pense que nous pouvons encore nous appuyer là-dessus. Nous pouvons acquérir une vision plus large du fonctionnement des unités et de la manière dont elles interagissent les unes avec les autres. »
Grâce à une série de questions judicieuses, vous serez en mesure de prendre de meilleures décisions s’agissant de la sécurité des soins que vous prodiguez. Les questions fondamentales sont :
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Application du cadre au Canada
En 2017, l’Institut canadien pour la sécurité des patients (qui a fusionné avec la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé pour former ESC en 2021) commence à travailler avec des équipes de soins de santé de partout au pays pour promouvoir la connaissance et l’utilisation du CMSS au Canada. Après un projet de démonstration concluant dirigé par le Dr Ross Baker à l’Université de Toronto, un projet collaboratif d’apprentissage a été lancé en 2018 avec 11 équipes issues de sept provinces. Avec des spécialistes du corps enseignant et du mentorat, chaque équipe utilise le CMSS pendant 18 mois pour élaborer une approche d’amélioration de la sécurité des soins plus complète.
En 2020, une évaluation a conclu que le projet collaboratif a renforcé la capacité des équipes à assimiler et à mettre en œuvre le CMSS dans leur milieu. Les personnes participantes ont rapporté une incidence positive sur les connaissances et les comportements des groupes de parties prenantes, les processus des services de santé et les résultats pour les patientes et patients.
En savoir plus :
Mesure et surveillance de la sécurité : point de vue des patientes et patients et de leurs partenaires de soins
L’évaluation a montré que le CMSS a amélioré les pratiques de sécurité et a été bien accueilli par les équipes de première ligne, les cadres supérieurs et les membres du conseil d’administration. Cependant, on n’a accordé que peu d’attention aux réponses des patientes et patients face à la vision élargie de la sécurité.
Le rapport Vos soins sont-ils sécuritaires? Mesure et surveillance de la sécurité du point de vue des patients et de leurs partenaires de soins regorge d’observations utiles sur la perspective de cette population. Il donne des conseils sur l’engagement concret des patients et des partenaires de soins dans tout ce qui touche à la mesure et à la surveillance de la sécurité. S’ajoutent à cela des recommandations pour renforcer les partenariats patients-prestataires qui favorisent des soins plus sûrs.
En savoir plus :
Évaluation du projet collaboratif CMSS
Mai 2020
Auteurs : Joanne Goldman, Ph. D.| Scientifique, Centre d’amélioration de la qualité et de la sécurité des patients, Faculté de médecine, Université de Toronto, Leahora Rotteau, Ph. D.| Gestionnaire de programme, Centre d’amélioration de la qualité et de la sécurité des patients, Faculté de médecine, Université de Toronto
Le Cadre de mesure et de surveillance de la sécurité (CMSS) comporte cinq dimensions et une série de questions clés qui guident les utilisatrices et utilisateurs vers une vision globale et conceptuelle de la sécurité. Ces cinq dimensions et les questions qui y sont associées portent sur les préjudices passés, la fiabilité, la sensibilité aux opérations, l’anticipation et l’état de préparation ainsi que l’intégration et l’apprentissage.
En octobre 2018, l’Institut canadien pour la sécurité des patients (l’ICSP), aujourd’hui ESC, a lancé un projet d’amélioration de la sécurité des patients sous la direction de Maryanne D’Arpino de l’ICSP (chef de projet) et du Dr G. Ross Baker de l’Université de Toronto (chef des études). Ce programme, un projet collaboratif d’apprentissage faisant appel à un groupe de spécialistes et de mentores, visait à permettre la mise en œuvre du CMSS parmi 11 équipes de sept provinces du Canada sur une période de 18 mois afin que chaque équipe élabore une approche plus complète de la sécurité et de la prestation de soins plus sécuritaires. Ce rapport présente les conclusions d’une étude d’évaluation financée par l’ICSP dont l’objectif était d’examiner l’efficacité de ce projet collaboratif.
Cette étude a adopté une approche qualitative fondée sur des méthodes d’entrevue, d’observation et de collecte de données documentaires. Des entrevues semi-structurées approfondies ont été menées avec les membres des équipes, des visites d’observation d’une journée ont été effectuées dans cinq établissements, des observations de séances d’apprentissage ont été réalisées, et des documents pertinents ont été recueillis. Trente-six membres d’équipes ont participé aux entrevues. Un total de 29 heures a été consacré aux visites d’établissement, en plus des 33 heures qui comprenaient la troisième séance d’apprentissage, le congrès de clôture et les réunions virtuelles de l’ensemble des équipes.
Dans l’ensemble, les personnes participantes ont fait des commentaires positifs sur les séances d’apprentissage en personne. Elles ont particulièrement apprécié les conférencières et conférenciers spécialistes, les approches à volets multiples utilisées pour enseigner le CMSS et la structure créée pour l’apprentissage au sein des équipes participantes et entre elles.
Si certaines personnes participantes se sont senties « dépassées » par la quantité de renseignements fournis lors de la première séance d’apprentissage, la majorité d’entre elles avaient une opinion positive du cadre dès le début. La première séance d’apprentissage a mis en valeur la nécessité d’un changement de vision de la sécurité, passant de l’absence de préjudices à la présence de la sécurité et à une réflexion sur le changement de culture, et a conclu qu’il faudrait du temps pour comprendre et mettre en œuvre le CMSS.
L’encadrement assuré par les gestionnaires principaux de l’ICSP a joué un rôle clé dans la compréhension et la mise en œuvre du CMSS par les personnes participantes. Les accompagnatrices et accompagnateurs ont été réceptifs et accessibles entre les visites sur place. Tout en offrant une formation et un soutien continus, ces personnes ont joué un rôle essentiel en fournissant la rétroaction nécessaire à la mise en œuvre continue du CMSS. Certaines personnes participantes auraient souhaité un encadrement plus soutenu et plus de précisions sur les attentes en matière d’accompagnement et de responsabilisation des équipes.
Les membres des équipes ont utilisé une série de stratégies et de méthodes d’enseignement pour aider à mettre le CMSS en pratique. Il s’agissait notamment d’enseigner le Cadre à des groupes de parties prenantes (prestataires de soins de santé et haute direction).
Des personnes consultantes en amélioration de la qualité (AQ), des médecins et des conseils d’administration ont commencé à enseigner le cadre en intégrant son vocabulaire dans la communication quotidienne et en l’utilisant pour discuter de questions portant notamment sur la sécurité ou les soins aux patientes et patients. Les membres des équipes ont pris certaines décisions sur la manière d’enseigner le cadre aux groupes de parties prenantes, en tenant compte de facteurs tels que la disponibilité, le nombre de personnes concernées, les rôles professionnels et le degré d’intérêt. Les perceptions divergeaient quant à l’efficacité de l’enseignement du CMSS, et à savoir s’il était nécessaire d’enseigner le cadre en soi ou s’il suffisait d’enseigner et de mettre en œuvre des outils ou des processus inspirés du cadre.
Les équipes ont été invitées à se concentrer sur les stratégies de mise en œuvre du CMSS qui étaient propres au contexte et qui permettaient d’intégrer le cadre dans le travail clinique et administratif quotidien des unités ou des domaines ciblés. Les équipes ont donc utilisé diverses stratégies. Celles-ci comprenaient l’utilisation du CMSS pour orienter les procédures et activités suivantes : caucus sur la sécurité, procédures de soins de santé, incidents et rapports sur la sécurité; réunions; communication; initiatives axées sur les patientes, les patients et les familles; et activités des conseils d’administration et des cadres supérieurs. Chaque stratégie a réussi à cibler différentes parties prenantes et à apporter des changements de différentes façons.
Les équipes du CMSS étaient composées de personnes possédant différents parcours professionnels et occupant des postes variés tant aux plans local et régional que provincial. Cette diversité a permis de partager de multiples points de vue et approches pour enseigner, mettre en œuvre et diffuser le CMSS. Cependant, la variabilité de l’engagement envers ce projet collaboratif et la rotation au sein des équipes au cours des 18 mois ont constitué des défis. Seul un petit nombre d’équipes étaient représentées par des patients et patientes, des membres de la famille et des membres de conseils d’administration, considérés comme une source précieuse de points de vue pour l’équipe et son travail. Les médecins ont été un groupe plus difficile à mobiliser.
La majorité des personnes participantes étaient favorables à une plus grande diffusion du CMSS, mais les possibilités de diffusion au-delà des établissements de mise en œuvre étaient variables. Si un petit nombre d’équipes sont restées concentrées sur le l’établissement initial de mise en œuvre, les autres ont montré des degrés de diffusion variables : diffusion non planifiée; efforts individuels ou collectifs planifiés qui ont conduit à des îlots d’adoption dans l’organisme ou la région; efforts étendus planifiés et coordonnés pour diffuser le CMSS dans un organisme et une région. Parmi les défis de diffusion à surmonter, citons les ressources limitées allouées, l’incertitude quant au pouvoir d’influencer la diffusion, la nécessité d’un arrimage à des processus et à des cadres plus larges et la restructuration organisationnelle et régionale des soins de santé.
La majorité des personnes participantes ont fait état des effets positifs de la mise en œuvre du CMSS. Il s’agissait notamment de changements dans la façon de concevoir la sécurité, qui ont influencé les comportements et les pratiques; l’engagement du personnel de santé dans la prévention, la détection et la gestion des problèmes de sécurité, l’engagement des patients et patientes, des résidents et résidentes et des familles envers la sécurité; et l’amélioration des processus de soins de santé et des soins aux patients.
Le projet collaboratif sur le CMSS a réussi à faire connaître le CMSS aux équipes et à les aider à mettre ce cadre en pratique dans leur contexte local. Les personnes participantes ont estimé que le projet du CMSS avait eu des retombées positives sur les connaissances et les comportements des groupes de parties prenantes, ainsi que sur les processus de soins de santé et l’évolution de l’état de santé des patients. Ces conclusions soutiennent la poursuite de la formation professionnelle pour la mise en œuvre du CMSS. Toutefois, ces efforts devraient porter sur les catalyseurs et les défis relevés dans le rapport afin d’assurer une diffusion plus systématique et plus globale dans les organismes de santé et les régions.